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Calcutta - Inde

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Calcutta - Inde (21 au 26 octobre 2008)

Avec les miles de Thai Airways offerts par mes parents, nous avons opté pour Calcutta, Christophe ayant souhaité depuis longtemps visiter la capitale du Bengale, cette ville à la fois effrayante mais fascinante. Quatre jours d'intenses visites au milieu d'une marée humaine enivrante.

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NOS AUTRES VOYAGES EN INDE : Rajasthan (2005)

VOIR AUSSI : Allemagne - Australie - Bhoutan - Birmanie - Cambodge - Chine - Etats-Unis - France - Indonésie - Italie - Japon - Jordanie - Laos - Malaisie - Nouvelle-Zélande - Philippines - Singapour - Thaïlande - Vietnam

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INFOS PRATIQUES

LIENS UTILES :
* www.calcuttaweb.com
* www.kolkata.net/
* www.kolkata.org.uk
* http://realtravel.com/
* Blog de Jonathan

TUYAUX :
* Sommes dues aux chauffeurs de taxi : 2 fois le montant figurant sur le compteur
* L'entrée du Marble Palace est gratuite mais l'endroit étant privé, il faut demander au préalable une autorisation écrite à l'Office de Tourisme du West Bengale.
* Eviter à tout prix le New Market dont les visites sont gâchées par des rabatteurs très collants !
* Si on trouve facilement des bouteilles d'eau scellées dans le quartier routard de Sudder Street et celui de Chowringhee, la plupart des bouteilles vendues dans la rue dans les autres parties de la ville ont déjà été ouvertes, remplies puis revendues. Faire attention car on ne sait jamais d'où vient la bouteille ni l'eau.
* Pour le shopping, se rendre au centre commercial de Dakshinapan où sont proposés de l'artisanat de toutes les régions d'Inde. Eviter les emporiums régionaux du centre ville où les prix sont plus élevés.

ASHREEN GUEST HOUSE(ashreen_guesthouse@yahoo.com / tél : + 91 33 225 20 889) : 960 Rps la double avec air con, douche et WC privés, eau chaude ; hôtel central, situé dans le quartier routard de Sudder Street, près du Musée National, des restos, des changeurs et des épiceries. Sans aucun charme, les chambres sont d'une propreté acceptable mais pas non plus blanc nickel : Le Lonely Planet le mentionne comme étant un des meilleurs hôtels à moyen budget de Calcutta avec des chambres à la propreté irréprochable. Euh, cela fait bien longtemps qu'ils n'ont pas mis à jour leur guide sur l'Inde du Nord-Ouest. Se méfier du réceptionniste Arjun qui est aussi celui qui répond le plus souvent aux emails : il a fallu se fâcher plusieurs fois pour que l'air con dans notre chambre se remette en marche.

OU MANGER :
* dans le quartier routard de Sudder Street, le "Blue Sky Cafe", malgré un décor de cantine populaire, est la meilleure option au niveau de la variété et de la qualité des plats. "Fresh and Juicy" est étouffant et le "Zurich" pas très copieux.
* dans la zone de Chowringhee, le très fréquenté "Peter Cat" offre une carte variée et sert de délicieux plats. Le "BBQ" est glacial tant au niveau de la température que de l'accueil sans compter des plats de qualité standard.
* à l'Oberoi Café, bien que nous ayons dépensé l'équivalent d'une nuit et demi d'hôtel pour un repas pour 2 pers. (env. 1 400 Rps soit 29 USD), les prix restent raisonnables pour un standard européen.

TAUX DE CHANGE : 1 USD = 48,3 - 49,3 Rupiahs (Rps)

TRANSFERT AEROPORT - HOTEL : 400 Rps pour un taxi envoyé par l'hôtel / 350 Rps si pris dans la rue

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CALCULTTA : SURPEUPLEE, PAUVRE MAIS SURPRENANTE

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De tous nos voyages, Calcutta reste la ville des superlatifs : la plus grouillante de vie, la plus polluée, la plus malodorante, la plus bruyante mais surtout la plus misérable. Avec 15 millions d'âmes, Calcutta évoque, avec raison, l'extrême pauvreté et les missions de Soeur Theresa. Je ne sais pas s'il existe une classification pour la notion de pauvreté mais je n'ai vu nulle part ailleurs une misère aussi dégradante et inhumaine : la vision la plus choquante restera celle d'un viel homme bossu, habillé de haillons, rampant comme un animal et traînant sur le sol ses parties génitales apparentes et atrophiées. Autre scène d'une dureté sans commune mesure : les mendiants sont nombreux aux abords des temples où viennent chaque jour des centaines d'indiens de classe moyenne faire des offrandes. Ces derniers jettent volontiers des morceaux de pain aux singes et aux chiens errants mais ignorent de façon humiliante les mendiants. Une malheureuse en vient même à disputer un morceau de pain aux des singes. Comment peut-on traiter d'une telle façon son semblable ? Les indigents vivent en famille dans la rue, s'installant du mieux qu'ils peuvent sous des bâches de fortune, envoyant mères et enfants mendier dans les quartiers touristiques. La pauvreté vomissante dans laquelle vivent les "intouchables" à Calcutta fait vraiment mal au coeur.

Loin de cette image négative marquée par la misère, Calcutta demeure le centre culturel et intellectuel de l'Inde. Elle offre en effet de nombreuses visites intéressantes et regorge d'imposants bâtiments coloniaux hérités de la domination britannique. Mais parcourir cette ville grouillante de vie, c'est aussi se laisser porter par le flot de marée humaine qui envahit chaque jour les rues sales et fétides du centre ville. Le silence et l'inactivité n'existent pas à Calcutta (comme dans toutes les villes d'Inde) ! Et de façon surprenante, les habitants de Calcutta se montrent dans l'ensemble accueillants et souriants. On aime ou on n'aime pas Calcutta mais elle vaut le détour tant elle résume bien l'Inde : un océan de pauvreté extrême avec quelques îlots de privilégiés, le tout régi par des règles sociales strictes, à la limite de l'inhumanité ! Ames sensibles, s'abstenir !

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JOUR 1 : LE QUARTIER CHIC DE CHOWRINGHEE

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La nuit commencée dans l'avion (notre vol est parti de Bangkok à 23h45 et a atterri à Calcutta vers 00h45) se finit au Ashreen Guest House, dans le quartier routard de Sudder Street. Et notre fatigue aura raison du clocher de l'église du quartier qui sonne pourtant tous les quarts d'heure, de jour comme de nuit ! Notre petite chambre offre une propreté douteuse et un confort limité contrairement aux commentaires positifs du Lonely Planet, mais le lit est propre. Et comme partout ailleurs en Inde, le personnel est exclusivement masculin.

Les visites du 1er jour se résumeront au Musée National avec quelques jolies pièces, l'insipide parc du Maidan et l'imposant Victoria Memorial aussi dénudé à l'extérieur qu'à l'intérieur. Sur l'allée centrale du Maidan, des carioles à cheval richement décorées attendent les clients pour un petit tour romantique dans l'enceinte du parc ou jusqu'au Victoria Monument. Rien de bien marquant si ce n'est une chaleur étouffante et une humidité écrasante.

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JOUR 2 : LES QUARTIERS DE BBD ET HOWRAH

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Les choses sérieuses commencent enfin avec cette seconde journée de visite bien plus intéressante et colorée que la précédente ! C'est le festival des bâtiments coloniaux rouges et ocres : Futani Chambers, Rhaj Bhavan, High Court, Writer's Building, le dernier étant notre préféré. Notre longue balade à pied se poursuit dans le quartier chinois (Chand market, Old China Bazzar road) puis dans les communautés religieuses au nord du quartier colonial de BBD : synagogues, mosquées et églises semblent cohabiter sans animosité.

Mais le clou de ce séjour à Calcutta demeure le marché aux fleurs de Mullik Ghat, au pied du pont Howrah. Qu'il est doux d'humer des parfums de fleur dans une ville aussi polluée que Calcutta ! Des "hommes fleurs" déambulent de marchands en marchands, règlent leurs achats et enroulent des centaines de guirlandes de roses d'Inde autour de leur cou. Un vrai bonheur pour les photographes. Il est vrai qu'à quelques jours du festival de Durga Puja, le plus important à Calcutta, le marché aux fleurs bât son plein puisque des milliers de fleurs sont vendues pour les offrandes aux temples.

La traversée du pont Howrah, puis, la gare centrale du même nom, nous replonge dans la dure réalité quotidienne de Calcutta : la misère et encore la misère. La traversée en bateau de la gare à Babu Ghat pour revenir à notre hôtel offre une vison peu flatteuse de la ville : des bâtiments coloniaux ternes dominant sans pitié les logements insalubres du "petit peuple", des habitants faisant leur toilette dans les ghats, ces ouvertures aménagées tout au long des fleuves en Inde ou sur les lacs afin de permettre aux gens de se laver, la grande majorité ne disposant pas de salle d'eau chez eux, ni de chez eux tout court !

Pour un déjeuner très tardif, nous atterrissons à l'hôtel Oberoi, la chaîne de luxe dont l'hôtel à Mumbai fut l'un des théâtres des attaques terroristes de fin novembre 2008, attentats qui feront plus de 170 morts et de 300 blessés ! L'hôtel, très discret de la rue, se situe curieusement sous des arcades marchandes avec une entrée coincée entre des boutiques de textile et de souvenirs. Après quelques gâteries à la confiserie réputée "KD Das Sweets" suivie d'un bref repos à la guesthouse, direction le New Market où les rabatteurs nous font fuir à toute jambe.

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JOUR 3 : AU NORD DE CALCUTTA

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Au nord de Calcutta, se trouvent deux palais dignes d'intérêt : le Marble Palace pour sa décoration intérieure façon caverne d'Ali Baba où toutes les époques et les styles sont mélangés, signe du mauvais goût de ses propriétaires et le Tagore's House, ancienne maison du plus célèbre poète indien, Rabindranath Tagore.

Un long trajet en taxi (une heure dans les embouteillages, la poussière et les fumées des pots d'échappement) nous amène au centre religieux de Belur Math que nous trouvons porte close : tête en l'air que je suis, j'avais oublié que le lieu était fermé de 12h à 15h30 ! Tout ce chemin pour rien, zut alors ! Affamés mais pas découragés, nous prenons le bateau pour le temple Dakshineswar Kali que les visteurs comparent souvent au Sacré Coeur. Hmm, une toute petite ressemblance alors ! Une ribambelle de croyants font la queue pour avoir le privilège de pénétrer dans la pièce principale du temple. Des petits jeunes viennent nous faire la causette. A l'entrée du temple, mendiants et singes se disputent la générosité des visiteurs.

Encre un autre interminable trajet en taxi et nous voilà dans le quartier de Kumartuli. A la veille du festival de Durga Puja, principale fête hindouiste célébrée dans le Bengale, les sculpteurs de Kumartuli travaillent sans relâche pour construire des pandals, sorte de temples temporaires en l'honneur de la déesse Purga que les croyants jettent dans le fleuve durant les 5 jours de festivité. A défaut de pouvoir assister au festival, nous nous consolons avec les prépartifs animés à Kumartuli. Mais curieusement, dans tous les ateliers, nous retrouvons des statues de Kali, la déesse de la destruction et de la re-création. Représentée nue, le corps couleur bleu ciel, le regard féroce, la langue tirée, Kali porte un long collier composé de crânes humains et un pagne formé de bras coupés. Tenant une épée d'une main et une tête décapitée de l'autre, elle écrase d'un pied son mari, Shiva, venu s'interposer entre elle et la Terre. Les visiteurs sont gentiment invités à pénétrer dans les ateliers. Certains, fermés aux regards indiscrets des locaux, sont ouverts juste pour nous. Et dans l'antre des artistes, nous découvrons ébahis des statues d'une beauté effrayante se démarquant de celles de leur voisins par la précision des coups de pinceau et la finesse des ornements. La visite devient magique à la tombée de la nuit !

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JOUR 4 : LE QUARTIER SUD DE CALCUTTA

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La pollution et le bruit commencent à nous peser et c'est en taxi que nous arrivons au temple Kalighat, le plus vénéré des temples hindouistes à Calcutta. Nous manquons volontairement le sacrifice de la chèvre qui y a lieu tous les matins. Près de l'entrée ouest du temple, se trouve le Nirmal Hriday, le parloir des mourants de Mère Thérésa. Interdit aux touristes, la mission accueille en toute simplicité les donateurs. Et choque suprême, dès l'entrée, nous apercevons une petite pièce où sont allongés sur des lits de camp des malades mourants aux visages émaciés et aux regards vitreux. Les jeunes volontaires occidentaux sont apparemment nombreux. Après une rapide donation, nous sortons fort émus de cette expérience visuelle. Plus loin, au Shanagar Burning Ghat, s'élèvent d'immenses crématoriums. Heureusement, nous arrivons à la fin d'une crémation. La zone autour du temple Kalighat sera le quartier le plus misérable parmi ceux visités à Calcutta. Nous n'aurons pas gardé le meilleur pour la fin de notre séjour mais c'est la réalité de l'Inde !

Et pour passer du coq à l'âne, nous sautons dans un taxi pour nous rendre au centre commercial de Dakshinapan où sont concentrés une multitude de magasins d'artisanat. Et même la vue de belles pièces d'artisanat et l'ambiance légère du quartier ont du mal à effacer le souvenir des mourants de la mission de Mère Thérésa. Contents d'avoir découvert Calcultta, nous sommes aussi heureux de quitter la ville : comment l'Inde, qui se dit la plus grande démocratie du monde et appartenir au très select club des puissances économiques mondiales, peut ignorer à tel point la misère nauséabonde de son pays ?

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Auteur du site : Dung LE - dung23fr@yahoo.fr
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