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Avant la fermeture de la ligne Bangkok - Guilin opérée par Bangkok Airways, Christophe et moi voulions visiter cet endroit magique, bien conscients que nous ne serions pas les seuls puisque Guilin reste l'un des joyaux touristiques de la Chine. Premier contact avec la Chine continentale pour moi où j'ai été agréablement surprise de rencontrer une population accueillante et souriante (à la différence de la diaspora chinoise et des hongkongais). Seuls ombres à ce beau voyage : un ciel gris en permanence et un virus non identifié attrapé en fin de voyage.
ALLER DIRECTEMENT A :
* Croisière de Guilin à Yangshuo
* Yangshuo : notre hôtel
* Yangshuo : la rivière Yulong
* Yangshuo : Le Plateau du Monde Perdu
* Le village de Fuli
* Yangshuo : Spectacle son et lumière Liu San Jie
* Yangshuo : Moonhill
* Yangshuo : Dragon Bridge
* Les rizières en terrasse de Longji : points de vue 1 et 2
* Les rizières en terrasse de Longji : vers le village de Zhonglu
* Infos pratiques
CONSULTER AUSSI :
* La galerie photos de Guilin : Photos
* Les autres pages sur la Chine : Hong Kong - Macau
* Les autres pays : Allemagne - Australie - Bhoutan - Birmanie - Cambodge - Etats-Unis - France - Inde - Indonésie - Italie - Japon - Jordanie - Laos - Malaisie - Nouvelle-Zélande - Philippines - Singapour - Thaïlande - Vietnam
19 octobre 2009 : Malgré les nombreux bons commentaires laissés par les voyageurs sur le site internet Hostelworld, le Wada Hostel à Guilin ne nous laisse qu'un souvenir mitigé : chambre mal insonorisée, insectes nocturnes se cognant contre la fenêtre toute la nuit, lit dur comme du bois. En revanche, le personnel de la réception, parlant couramment anglais (fait rare en Chine), se met en quatre pour nous aider à organiser une croisière sur la rivière Li le lendemain. Dans la ville, flotte un délicat parfum fleuri de barbe à papa, tranchant nettement avec le charme stalinien de Guilin : tout n'est que blocs de béton et immeubles sans attrait érigés à la va-vite. Décision sera prise de délaisser Guilin au profit de lieux plus pittoresques (Guilin abrite l'aéroport et n'est que le point de chute pour se rendre aux paysages féériques de Yangshuo et aux rizières en terrasse de Longji).
20 octobre 2009 : Bien qu'onéreuse comparé aux coûts de vie du pays, la croisière en bateau sur la rivière Li, de Guilin à Yangshuo, vaut bien son pesant d'or. Après 50 minutes de transfert de l'hôtel à l'embarcadère, les visiteurs prennent place sur un bateau d'une soixantaine de personnes. Une dizaine de gros bateaux nous précèdent déjà. Chacun est assigné à une place assise, autour d'une table, mais tous se précipitent sur le pont supérieur pour être aux premières loges. Le bateau part à 10h et la croisière dure près de 4 heures et demi. Les paysages grandioses se succèdent. Debout pendant près de 2h, je ne perds pas une miette du spectacle : des montagnes karstiques aux formes étranges dominent avec élégance la rivière Li. La partie la plus pittoresque se trouve entre les villes de Yangdi et de Xingping, paysage que l'on retrouve sur les billets de 20 Yuan (voir ci-dessus). Bien plus impressionnant que la baie d'Halong ou Hoa Lu au Vietnam, ou encore la baie de Phang Nga ou le parc national de Khao Sok en Thaïlande.

Pêcheurs et collecteurs d'algues circulent sur de petites embarcations de fortune en bambou. Quelques vendeurs ambulants accostent les gros bateaux dans l'espoir de vendre quelques imitations de jade et autres souvenirs assez kistchs. Nous croiserons même un pêcheur aux cormorans, rencontre devenue plutôt rare aujourd'hui sur la rivière (ceux-ci se produisent maintenant davantage lors de spectacles nocturnes destinés aux touristes que pour leur propre subsistance). Le déjeuner chinois est convenable mais je serai la seule de la tablée à me régaler de soupe aux algues vertes ! Heureusement, les guides chinois se font discrets durant toute la croisière (tout a déjà été expliqué pendant l'heure de trajet vers l'embarcadère à Guilin). Les petits pains de sucre se font plus rares durant la dernière demi-heure de la croisière mais réapparaissent à l'approche de Yangshuo.
Infos pratiques :
* Tarif d'une croisière réservée au Wada Hostel à Guilin : 400 Yuans soit moins de 40 Euros pour un aller simple vers Yangshuo, déjeuners, bières et transferts compris (rajouter 200 Y pour un tour de Yangshuo et 20 Y pour un retour en bus le soir même vers Guilin)
* En dépit d'un tarif plus attractif (245 Y pour le même service), les tours organisés pour les chinois se révèlent davantage axés sur le shopping, soit 2 heures supplémentaires par rapport aux tours réservés aux non chinois. La différence de prix justifie-t-elle le temps obligatoire à flâner parmi des étalages de souvenirs ? Mais de toute façon, les touristes étrangers ne sont plus acceptés dans les tours devenus maintenant strictement réservés aux chinois.
Avec quelque 310 000 habitants, Yangshuo accueille plus de 15 000 000 de visiteurs par an ! Et la beauté des paysages à Yangshuo dépasse largement celle de Guilin. Nous avions trouvé, à la toute dernière minute, une chambre dans une ancienne ferme rénovée, située à 4 kms de Yangshuo. L'idée me séduisait de dormir à la campagne, dans un village traditionnel chinois. Venant de Bangkok, je ne rêvais que de trois choses : le calme, la nature et l'air pur. Malgré un aspect rustique et un confort basique, notre hôtel, le Yangshuo Outside Inn, a bien répondu à mes attentes. Nadine et Michael, les managers suisse anglais, ainsi que le personnel, nous accueillent avec le sourire et sont toujours prêts à répondre à nos questions.
Chiens, coqs et poules se promènent dans la cour, parmi les clients, en quête de nourriture. Ambiance très basse cour donc. Le réveil se fait aux chants des coqs et des oiseaux, les journées s'écoulent paisiblement parmi les pains de sucre et les rizières, et les soirées sont réservées à la dégustation de spécialités culinaires locales sous les pamplemoussiers. Les chiens Lulu et Alex sont les véritables stars de la compagnie : si le teckel adulte Lulu joue le guide de randonnée en ses heures perdues, Alex, un petit chiot de la même race, ne se fait pas prier pour faire des pitreries et recevoir des caresses.
Tous les bâtiments sont en brique rouge, et notre chambre, la B4, dégage un agréable parfum camphré. Bien sûr, ce n'est pas le grand luxe, les chambres ne sont pas bien insonorisées, la salle de bain sommaire, les escaliers grincent sous les pas de clients imposants, mais la propreté est de mise, les lits sont confortables, l'ambiance bon enfant, et surtout, le sentier de l'hôtel mène, en un quart d'heure de marche, au bord de la rivière Yulong, où nous attend un paysage absolument fantastique.
Le soir de notre arrivée de Guilin, nous entreprenons la marche la plus courte conseillée sur le dépliant de l'hôtel : la balade à pied vers les bords de la rivière Yulong. Certes, la plus brève, cette promenade s'est révélée être notre préférée. Quinze minute de marche à travers un village traditionnel, nous faufilant entre des rizières dorées, des potagers verdoyants et des vergers de kaki. Il est 16h30 et les villageois ramènent buffles, canards et vaches à l'étable. Tous sont souriants mais timides face à nos appareils photos. Pas de touristes, juste nous deux au bord de la rivière. Un vrai paysage de peinture ! Les photos ci-dessus parlent d'elles-mêmes !
21 octobre 2009 : La randonnée à travers le "Plateau du Monde Perdu" porte bien son nom. Pas l'ombre d'un touriste. Lulu, la femelle teckel de l'hôtel, qui connaît les lieux comme sa poche, guide une famille française, nous devançant ainsi d'une demi-heure. 4 heures de marche à travers des petits villages traditionnels de brique, des rizières, des champs de piments, des jardins de pomelos et des pains de sucre géants. Les canaux d'irrigation nous ramènent soit à l'hôtel soit à Yangshuo. En chemin, nous rencontrons essentiellement des personnes âgées, certaines occupées à la cueillette de fruits sauvages, d'autres aux champs ou à la collecte de bouteilles en plastique dans les fonds vaseux des canaux.
22 octobre 2009 :
Avec Baisha et Xing Ping, le village de Fuli accueille tous les 3 jours un marché local haut en couleurs, où aliments bizarres et métiers insolites se côtoient pour le plus grand bonheur des visiteurs (demander le calendrier des jours de marché à l'hôtel). Poseur de ventouse, arracheur de dent et autres guérisseurs de pacotille opèrent à ciel ouvert. Les restaurants populaires ressemblent à ceux des marchés des petites villes d'Asie du Sud-Est que nous avons l'habitude de voir. En revanche, les coins boucherie et poissonnerie en écoeureraient plus d'un, tant par leur saleté (mouchantes volantes et déplumage des volailles à même le sol) que par la nature des viandes vendues ... du chien ! Personnellement, manger de la viande de chien ne me choque pas. Après tout, c'est une viande comme une autre. Les asiatiques ne trouvent-ils pas barbare que les français cuisinent le lapin alors que les lapins sont considérés comme des animaux de compagnie en Asie. Ce qui m'offusque davantage serait la façon dont les chiens sont traités : chinois et vietnamiens pensent qu'en rouant les pauvres bêtes de coups avant l'abattage, leur viande n'en serait que meilleure.
Fuli n'a aucun charme : les ruelles sont sales, les maisons sont dépourvues de décorations intérieures et extérieures, à l'exception de portraits de Mao, et parfois de Lénine. Mais le tout forme une scène fort dépaysante. Quelques particuliers proposent des pièces d'artisanat local, beaucoup moins chères qu'à Yangshuo. Mais la spécialité de Fuli sont les éventails de toute taille peintes à la main. Beaucoup ne conviennent pas vraiment aux goûts occidentaux mais représentent de jolis souvenirs de voyage. Une longue banderole de 2 m de haut avec un beau tigre nous coûte à peine 5 Euros. Pour revenir à Yangshuo, nous partageons un radeau à moteur en bambou avec les managers de notre hôtel et leur famille. Suivant le courant, un pêcheur aux cormorans croise notre route en sens inverse. Pour une meilleure lumière pour les photos, il aurait fallu effectuer le parcours en venant de Yangshuo.
Le spectacle sons et lumières Liu San Jie se tient à Yangshuo tous les soirs de l'année (un par jour sinon 2 les périodes de forte affluence touristique). Mis en scène par le célèbre cinéaste chinois Zhang Yimou (Epouses et Concubines, JO de Pékin), le spectacle est réputé dans toute la Chine et des groupes entiers de pékinois envahissent les gradins les week-ends. Certains soirs, les représentations se jouent à guichet fermé. En 70 minutes, plus de 500 figurants, danseurs et chanteurs se relaient pour offrir un spectacle magique avec en arrière-plan, une dizaine de montagnes karstiques illuminées.
Bien qu'impressionnant, le spectacle reste avant tout destiné à un public chinois : musiques oscillant entre le grandiose et la mièvrerie, volonté d'unité nationale marquée par la présence de figurants déguisés en minorités ethniques. Et fidèles à eux-mêmes, les chinois parlent fort et n'éteignent pas pour autant leurs portables pendant le show. Malchanceux, nous avons hérité de places sur le côté, derrière d'énormes enceintes, avec une vue partielle sur le plan d'eau où s'activent les figurants (nous n'avons pas eu le choix des places, ces dernières étant achetées par un intermédiaire qui les revend à l'hôtel)
Infos pratiques : 188 Y la place standard ou 320 Y la place VIP, transfert non compris (compter 60 Y le minibus du Yansghuo Outside Inn, 40 min par trajet). Une agence de voyage m'avait proposé 150 Y la place avec le transfert de Yangshuo, avec la possibilité de choisir soi-même les places alors que notre hôtel ne pouvait pas nous dire à l'avance quelles places nous aurions.
23 octobre 2009 : Enfourchant nos vélos pour l'embarcadère du village, nous partons négocier un radeau en bambou vers la Colline de la Lune, un des sites les plus visités des environs (150 Y pour 2 personnes). Les vélos ainsi que leurs clés et cadenas, acheminés par la route, nous attendrons à l'embarcadère d'arrivée. Le radeau de 2 places n'est pas bien grand ni bien confortable, mais juste assez solide pour l'heure et demi de balade au fil de la rivière Yulong. Tout en ramant, le batelier passe avec habilité les 6 ou 7 digues qui jalonnent le parcours. Sur certaines, le radeau glisse lentement comme sur un toboggan. Pour traverser les plus hautes, nous devons descendre du radeau, et parfois aider le batelier à le hisser sur la digue bétonnée. Mais à la sortie de chacune, un photographe, installé sur une plateforme flottante abritant tout l'équipement nécessaire pour imprimer et plastifier des photos, immortalise la traversée de la digue par chaque radeau. Je me laisse tenter et cela sera 30 Y la photo format moyen, avec bien sûr une généreuse commission au batelier. Selon l'imagination de chacun, les pains de sucre, tantôt en forme de pouce, tantôt ressemblant à une tortue ou à un cheval, défilent paisiblement. Plusieurs panneaux en anglais rappellent qu'il faut préserver les lieux, mais les chinois, autochtones et touristes confondus, sont les premiers à jeter sans vergogne des détritus.
A l'embarcadère, nous retrouvons les vélos. Les radeaux en bambou sont empilés sur de vieux tracteurs rafistolés pour revenir au point de départ. En 30 minutes de pédale sur une grande route nationale, nous atteignons la Colline de la Lune (en cours de route, nous faisons l'impasse sur l'arbre à banyan géant et les deux principales grottes de la région). Au pied de la colline, des femmes nous harcèlent pour vendre des boissons. Certaines, plus coriaces, sont même prêtes à suivre les visiteurs et effectuer les 40 minutes d'ascension (une canette coûte 3 Y !). La vue d'en haut vaut bien les efforts. Envahis par les touristes chinois le week-end, notamment pour le coucher de soleil, le point de vue est désert à notre arrivée. Seuls les échanges verbaux de quelques grimpeurs québécois rompent la quiétude du lieu. Au retour, la balade à vélo au milieu des pains de sucre se trouve gâchée par le passage fréquent de camions, de bus et de tracteurs bruyants, polluants, munis de klaxons assourdissants.
24 octobre 2009 : Après une tentative avortée pour échanger de l'argent au centre ville de Yangshuo (nous avions oublié nos passeports), puis, un succulent déjeuner végétarien au Pure Lotus, situé dans l'enceinte de l'hôtel Magnolia, nous commençons en début d'après midi la promenade en vélo vers le Pont du Dragon. Et une heure de bavardage en cours de route avec un couple de cyclistes français partis avec leurs 2 enfants pour 6 mois de voyage sur la Route de la Soie contribue à nous retarder davantage. Le soleil est déjà bien bas et la lumière décline lentement. Et c'est une course contre la montre que nous entamons afin d'éviter un retour de nuit (le voyage aller retour depasse 3 heures).
Le parcours est bien signalisé par des flèches rouges peintes sur les murs des maisons, et c'est avec émerveillement que nous découvrons d'authentiques villages entourés de rizières dorées, d'orangeraies et de montagnes karstiques tordues, le tout formant un ensemble à la fois mélancolique et romantique. Nous sommes les derniers touristes à emprunter le mauvais chemin parsemé de nids de poule et d'énormes pierres. L'air de rien, une chinoise nous suit discrètement en vélo, sûrement pour nous vendre un retour en radeau. Le soleil se cache déjà derrière les montagnes lorsque nous atteignons le Pont du Dragon. Construit il y a plus de 600 ans, il fait partie des plus grands ponts en pierre en arche de la province du Guangxi. Trois couples de jeunes mariés posent langoureusement devant l'édifice. Toutes en baskets, les mariées ressemblent à de véritables bonbonnières dans leurs robes mauve, rose ou jaune.
Le retour à l'hôtel se fait tant bien que mal, cherchant les flèches rouges, roulant à l'aveuglette, sans voir les trous ni les pierres, éblouis par les pleins phares des motos venant en sens inverse et nous perdant un peu dans les vergers de kaki. Bordés d'un côté par la rivière et de l'autre par des étangs, certains tronçons en terre du parcours, très étroits, m'obligent à descendre du vélo afin d'éviter de tomber à l'eau. Le romantisme des paysages a laissé place à des formes noires, menaçantes, se dressant au bord de la rivière, pareilles à des fantômes drapés d'un voile velouté. Mais le spectacle reste magique et hypnotisant. Les petites routes étant dépourvues d'éclairage public, les 2 derniers kilomètres se font avec une lampe de poche miniature.
25 octobre 2009 : Nous partageons un minivan avec 6 autres personnes pour nous rendre, en 3 heures, aux rizières en terrasse de Longji, dans la région de Longsheng. En cours de route, je fais l'expérience de mes premières toilettes chinoises : une vraie horreur tant au niveau visuel qu'olfactif ! Il faut se boucher le nez, fermer ses yeux, terminer son affaire, se rhabiller en apnée et fuir en toute vitesse ce lieu d'une saleté nauséabonde ! Les toilettes les plus écoeurantes de toute ma petite vie de voyageuse ! C'est une bande creusée dans le sol, d'un mètre de haut et d'environ 30 cm de large, supposé être nettoyée par les jets d'eau d'un robinet placé en bout de pièce, mais comme celui-ci ne fonctionnait pas, tout était visible : excréments, services hygiéniques, papiers toilette usagés. Et la cerise sur le gâteau : pas de porte pour se protéger des regards indiscrets ! En matière de propreté, les chinois sont en bas du classement. Et c'est vrai, ils se râclent la gorge et crachent partout et tout le temps, en particulier dans les grandes villes polluées. Hommes et femmes, pas d'exception à la règle !
A la descente du bus, des vieilles femmes de la tribu Zhuang nous offrent leurs services de porteuses de sacs (prix annoncé de 20 à 25 Y l'unité, à négocier). Nous en prenons une pour mon gros sac à dos qui est placé dans un grand panier en osier porté au dos. Malgré ses quelque soixante printemps, notre petite grand-mère monte prestement les escaliers. Le parcours est jalonné de magasins de souvenirs. En chemin, nous rencontrons des porteurs de chaises. L'ascension prend bien 20 mins.
Notre hôtel, le Longji One Hotel, se situe en bas du village de Ping An, dans une partie calme mais assez proche du centre. Nous sommes accueillis par Printemps, la jeune propriétaire, dont nous semblons être les seuls clients (la guest house a ouvert ses portes en août 2009). Avec une jolie voix enrouée, celle-ci précise qu'elle préfère recevoir des touristes étrangers, moins bruyants que les groupes de chinois (elle n'a encore pas dû rencontrer de russes !). Tout en bois, l'hôtel ressemble un peu à un chalet suisse, décoré avec goût (très surprenant pour un hôtel chinois). Les photos du mari de Printemps, photographe de profession, apporte une petite touche personnelle à l'ensemble. Et il a du talent ! Notre chambre (A3) offre une vue plongeante sur des potagers et le versant de la montagne voisine, bordée de rizières en terrasse.
Dehors, les rues sont quasi-désertes, à l'exception de la partie touristique du village : il est à peine 15h et la plupart des villageois doivent encore travailler dans les rizières. Quelques maisons sont ornées de lanternes rouges et de bouquets d'épis de maïs séchés. Ping An est un village habité par les Zhuang, l'ethnie la plus importante en Chine (15 millions d'individus) et dont la grande majorité des membres se situe dans la province du Guangxi (celle où nous sommes). Si la jeune génération est maintenant habillée à l'occidental, les vieilles femmes portent toujours le costume traditionnel et sont reconnaissables à leurs serviettes colorées en turban sur la tête ainsi que leurs pantalons et leurs vestes noirs rehaussés de broderies multicolores. Ces costumes ne les quittent pas de la journée, même dans les rizières.
Ping An dispose de 2 points de vue dont les accès sont faciles à trouver : il suffit de suivre la foule qui s'y rend. Si la première partie de la marche s'effectue à travers les rues malororantes et sales du village, la balade se termine dans les rizières. Grosse déception : nous arrivons juste après la moisson et les parcelles de terre sont déjà asséchées. Dans les rizières, il ne reste plus que que les tiges coupées et quelques bottes de paille brûlée. En raison de l'altitude (800 m), la récolte n'a lieu qu'une fois par an. Et les meilleures périodes pour apprécier la beauté des paysages sont en automne, début octobre, lorsques les rizières dorées attendent d'être moissonnées, en mai, lorsque qu'elles se remplissent d'eau, et en été, lorsqu'elles deviennent verdoyantes. Les paysages ne sont pas aussi jolis que sur les photos publicitaires mais tant pis !
Nous atteignons d'abord le point de vue n°2 où quelques jeunes beautés en costume de fête Yao et Zhuang proposent de se faire prendre en photo pour 10 Y (photos illimitées). Je me laisse convaincre par la douce beauté d'une Zhuang à la peau laiteuse et au sourire charmeur. La marche du point de vue n°2 au n°1 se révèle plus bucolique et nous fait réaliser à quel point les rizières sont immenses (et nous, minuscules). La vue en haut du point de vue n°1 est bien plus impressionnante que la précédente. Malheureusement, le soleil joue à cache cache avec les nuages et le ciel se fait plus menaçant, nourri par la fumée des bottes de paille brûlées dans les rizières par les villageois. Pas vraiment le cadre idéal pour les photos !
Infos pratiques :
* Durée du trajet : 2h de Guilin / 3h de Yangshuo
* Tarifs des tours à partir de Yangshuo : 180 Y le tour organisé avec un bus touristique (transfert aller-retour en bus, entrée, guide anglophone) avec un arrêt obligatoire pour un spectacle d'une heure pour voir les femmes de la tribu Yao qui ont les plus longs cheveux du monde (mais la participation au spectacle, d'env 60 Y, n'est pas obligatoire) // 700 Y sur la base de 2 pers. pour une voiture privée du Yansghuo Outside Inn (ne sont pas inclus le guide, l'entrée de 50 Y / pers., les déjeuners) mais sans arrêt obligatoire pour le show.
* Atteindre Ping An, le village offrant le plus de facilités touristiques : du parking des cars, il faut prendre un minibus, qui vous emmène en 20-30 min, à l'entrée du site où seuls les minibus sont autorisés à se garer. Du guichet de billets, c'est encore 20 min. de marche vers Ping An.
* www.chine-informations.com : fiche sur la tribu des Zhuang
26 octobre 2009 : Après une bien mauvaise nuit, nous nous réveillons sous une pluie battante qui ne cessera que vers 11h. Je ne me sens pas bien : légère fièvre, nausées, désordres intestinaux, maux de tête, étourdissements, tremblements partagés entre le chaud et le froid, quelques-uns de ces symptômes étant apparus la veille. Ce que nous pensons être une intoxication alimentaire due à la cuisine lourde et grasse de l'hôtel ou au glutamate de sodium que les chinois mettent dans tous leurs plats, se révèlera être un virus, ce que nous apprendrons par les managers du Yangshuo Outside Inn, une fois revenus à Bangkok.
J'entreprends tout de même la marche jusqu'au village Yao de Zhongliu, la seule que nous pouvons faire avant de prendre le vol vers Bangkok. La balade correspond aussi aux 2 premières heures de marche d'un trek décrit par le Lonely Planet comme étant la 2è plus belle randonnée en Chine : de Ping An au village de Dazhai, en passant par Tiantouzhai, de montagnes en montagnes, le long de rizières en terrasse, à la rencontre de tribus ethniques. Mais la moisson achevée, les rizières sont ternes (début octobre est préférable).
Du Longji One Hotel, nous rejoignons directement le point de vue n°1 en bas duquel sont regroupées plusieurs femmes Yao. Notre destination, le village de Zhongliu, est en effet un village habité par les Yao, tribu connue pour ses femmes aux longs cheveux noirs corbeau, les plus longs au monde. Celles-ci ne les coupent que deux fois au cours de leur vie : une première fois à l'âge de 18 ans et une seconde à 38 ans.
Deux femmes Yao marchent avec nous tentant tant bien que mal de se faire comprendre dans un anglais très limité. Et le côté bucolique du tableau a ses limites : l'une d'entre elles sort un téléphone portable de sa poche et ne cesse de le manipuler. Nos compagnes de route se montrent de plus en plus envahissantes, ne cessant de caqueter comme des oies et nous rappelant toutes les cinq minutes qu'une fois arrivés à Zhongliu, nous aurons sûrement faim et qu'il y aura de quoi nous rassasier là-bas. Blablabla. En chemin, nous croisons un groupe de touristes subissant le même type de harcèlement. Au bout de trois-quart d'heure de ce jeu lassant, nous haussons le ton et leur crions de nous laisser tranquilles. L'une d'entre elles s'obstine et reste plantée devant nous dix bonnes minutes. A cette guerre des nerfs, nous sortons vainqueurs, non mécontents de retrouver enfin notre liberté et de profiter pleinement de la balade.
Nous descendons, montons, passant de versant en versant, de colling en colline, parmi les rizières ondulantes. Mais toujours pas de village à l'horizon ! Deux autres femmes Yao, l'une portant un panier en osier sur le dos, l'autre, faisant gaiement la chasse aux sauterelles qu'elle transporte dans une bouteille en plastique. Celles-ci sont moins pressantes que les précédentes et acceptent même de poser. A seulement 20 min de marche du village, maintenant visible sur le versant opposé, nous décidons de rebrousser chemin vers Ping An, de peur de ne pas revenir à temps pour le rendez-vous avec le taxi. Les femmes Yao commencent à s'affoler et sortent pêle-même de leur panier bijoux, cartes postales et autres pièces d'artisanat, essayant de nous convaincre qu'une fois en bas, nous pourrons aller voir la chute d'eau où les femmes Yao viennent laver leur magnifique chevelure. Nous comprenons enfin que la deuxième fournée de femmes Yao s'était juste montrée plus maligne en se faisant plus discrètes mais que devant notre décision de retourner à Ping An, elles voyaient leurs efforts vains. Maugréant et gesticulant pour exprimer leur mécontentement, elles reviennent sur leurs pas avec nous. Le trajet de retour à Bangkok sera floue pour moi : aussi bien dans le taxi qui nous mène à l'aéroport de Guilin, que sur le vol jusqu'à Bangkok, puis le taxi qui nous amènera chez nous, je ne fais que dormir, subissant de plein fouet les effets néfastes du virus. Mais Christophe, que j'ai mis 5 ans à convaincre de visiter la région de Guilin, revient ravi de notre semaine d'excursion.
LIENS UTILES :
Les 3ers sites sont en anglais, les 3 derniers en français :
* www.guilinchina.net
* www.travelchinaguide.com
* http://www.yangers.com/
* http://carnetsdeyangshuo.blogspot.com
* www.yangshuorosewoodinn.cn (les activités offertes à Yangshuo)
* www.chinadiscover.net
ARGENT :
* 1 Euro = 10,19 Yuan - 1 USD = 6,83 Yuan - 1 Euros = 1,49 USD
* Prévoir asses de liquide car il n'y pas de banque ni de distribueur au village de Ping An (région des rizières en terrasse)
WADA HOSTEL à Guilin (www.hostelworld.com)
* NOTRE AVIS : Décevant malgré les commentaires élogieux des voyageurs. N'y aller que si votre budget est serré. Mais les autres hostels, aperçus de l'extérieur, nous ont semblé encore plus glauques.
* LES PLUS : l'accueil chaleureux du personnel qui parle bien anglais / L'agréable restaurant entourée de bambous / Proximité des distributeurs d'argent et des commerces / Tarifs bon marché (env. 120 Y la double avec sdb et WC, et eau chaude)
* LES MOINS : Chambres très mal insonorisées / Lits durs comme du bois / Insectes se cognant sur la vitre toute la nuit / Hotel en retrait de la grande route mais on entend toujours les nombreux camions qui klaxonnent toute la nuit
YANGSHUO OUTSIDE INN à Yangshuo (www.yangshuo-outside.com)
* NOTRE AVIS : Vivement recommandé
* NOTRE CHAMBRE : B4 (chambre avec deux lits simples, avec vue sur des plantes vertes et dégageant un agréable parfum camphré)
* LES PLUS : Situé en pleine campagne, dans un paisible village traditionnel / Environnement calme et réveil aux chants des oiseaux et des coqs / Chambres dans une ancienne ferme rénovée en brique rouge / Tarifs très raisonnables (170 Y pour une double avec air conditionné, sdb et eau chaude) / Managers (Nadine et Michael) et personnel local accueillants et parlant très bien anglais (français et allemand en plus pour Nadine) / Une ambiance bon enfant et familiale avec chiens, poules et coqs se promenant dans la cour / Restaurant placé dans une agréable cour entourée de vergers de pomelos / A un quart d'heure à pied des bords de la rivière Yulong et à 10 mins en vélo de l'embarcadère des radeaux en bambou pour Moonhill / De multiples activités proposées : ping pong, badminton, location de vélo, une salle TV avec lecteur DVD, une salle ordinateur, belles randonnées dans les alentours / Dépliant détaillé fourni par l'hôtel sur les randonnés et les balades en vélo
* LES MOINS : Chambres pas bien insonorisées, notamment celles dans les grands bâtiments / Eviter de prendre les chambres C1, C4, B2 et B5, proches d'une pompe d'eau bruyante qui fonctionne de 7h à 23h / Cuisine trop salée et grasse mais le chef modifie gentiment les aissaisonnements sur simple demande / Tarifs élevés des tours organisés et des transferts en voiture privée / Pas de possibilité de choisir ses places pour le spectacle nocturne Liu San Jie (l'hôtel passe par un intermédiaire qui nous avait réservé des mauvaises places, sur le côté, derrière d'énormes enceintes)
* AVIS DE VOYAGEURS : www.tripadvisor.com
LONGJI ONE HOTEL à Ping An (www.longjiyilou.com)
* NOTRE AVIS : Recommandé
* NOTRE CHAMBRE : A3, venant avec la meilleure vue de l'hôtel, sur les potagers, les rizières en terrasse et quelques maisons en bois du village
* LES PLUS : Emplacement calme / Hôtel en bois décoré de photos d'art / Seulement 9 chambres / Chambre petite mais propre et mignonne avec TV, bouilloire et sachets de thé et de café / Restaurant et bar décorés avec goût / Prix raisonnables (180 Y la chambre double avec sdb et eau chaude) / Spring, la propriétaire est froide mais serviable et répond volontiers à toutes nos questions / Les dîners des clients ont lieu en même temps que celui de la famille avec la TV en fond sonore.
* LES MOINS : Odeur de vomi près du coin TV, venant soit du bois, soit du vernis / Plats cuisinés baignant dans l'huile
* AVIS DE VOYAGEURS : www.hostelworld.com