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Singapour reste un endroit un peu particulier. C'est à Singapour que mes parents et moi sommes restés un mois en 1980, avant notre départ pour la France, après avoir fui le Vietnam et été recueillis, avec nos compagnons de voyage et après 14 jours en pleine mer, par un pétrolier koweitien qui a accepté de dévier sa route et nous déposer à Singapour.
Les camps de réfugiés étaient à l'époque situés à la périphérie de la ville. Ils étaient gérés par le HCR mais le gouvernemant singapourien prélevait 75% sur l'allocation journalière attribuée à chaque personne par le HCR, sous prétexte qu'il avait besoin d'argent pour entretenir les habitations et les facilités du camp. Quelle générosité de la part d'un état riche mais pas étonnant des chintocs !
Il était interdit aux réfugiés d'aller à l'extérieur du camp et donc de travailler, les locaux redoutant les vols. Mais les interdits sont faits pour être enfreints et tous les matins, de nombreux réfugiés franchissaient les murs du camp pour effectuer des petits boulots, principalement manutentionnaires.